"Haseho ao amin'ny nofonay mety maty ny fiainan'i Jesosy" (2 Kor 4, 11)


Etre protestant, c’est laisser le Christ agir en soi !

 

A l’occasion de la fête de la réformation, j’aimerais parler d’un mot.  C’est  le  terme  «protestant».  Il  était  déjà  dans  le dictionnaire français avant la naissance de l’Eglise protestante.

Il  veut  dire  « celui  qui  proteste »  ou  « celui  qui  conteste ». Cependant,  le  sens  du  mot  utilisé  par  les  Eglises  issues  de  la Réforme ne voit le jour qu’au 31 octobre 1517, jour où Martin Luther  a  publié  ses  95  thèses  à  Wittenberg  en  Allemagne.

« Protestant », tiré du verbe latin protestare, signifie « celui qui témoigne  pour…  .»  Au  regard du  contexte  de  l’époque, cela signifie « celui qui témoigne pour la liberté ».

 Que  dois-je  faire  pour  mon  salut ?  Rien !  Est-ce  que  je  peux obtenir le pardon de mes péchés en donnant de l’argent ou en faisant  de  bonnes  œuvres?  Non !  Telles  sont  les  questions brûlantes et les réponses de Luther. 

 

« Tout  est  accompli »  par  Jésus-Christ  (Jean  19,  30).  Par  sa mort  sur  la  croix  et  sa  résurrection,  nous  avons  le  pardon  de nos péchés, nous avons le salut. C’est ce qu’on appelle la grâce de Dieu : c’est Dieu lui-même qui s’est donné pour nous !

 Il suffit de recevoir le Christ. Il suffit de recevoir ce don comme dit  Jean  dans  son évangile : « Car Dieu  a  tant  aimé  le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse  point,  mais  qu’il  ait  la  vie  éternelle. »  (Jean  3,  16).

 

 

Croire en  Dieu,  c’est  se  tenir  devant  Dieu,  les  mains  ouvertes comme des enfants. Croire en Dieu, c’est dépendre de sa grâce

- vivre sous le régime de la grâce.

 Autrement dit, libéré du souci de son salut, le croyant exprime une vie reconnaissante envers Dieu. « Nous l’aimons parce qu’il nous a aimés le premier » (1 Jean 4,19). Libéré par la grâce de l’obligation  de  devoir  se  centrer  sur  lui-même,  le  croyant  met en premier lieu dans sa vie - le Christ.

 Ainsi,  pour  la  FPMA  (Eglise  Protestante  Malgache  en  France), « être protestant », ne devrait pas vouloir dire « protester tout le temps » (directement ou indirectement), idée qui paralyse la propagation  de  l’Evangile,  mais signifie  :  vivre  et  proclamer cette « Bonne Nouvelle » donnée, vivre et annoncer le Christ en paroles  et  en  actes.  La  foi  vivante  incite  l’Eglise  à  viser  à  la conversion - à la libération de l’homme et à ne pas oublier les engagements nécessaires dans la vie de tous les jours.

« L’Eglise  est  toujours  à  réformer »  (Ecclesia  semper reformanda).  D’autant  plus  qu’on  est  « protestant »,  n’est-ce pas ? 

 

A Dieu seul la gloire !

 

 

Pasteur Naina ANDRIALAMPISON